GEOPOLITIQUE & LOIS DE L’EVENEMENTIALITE
LA CHRONIQUE N° 11 DE CHRISTIAN TURPIN
NOS PRESIDENTIELLES 2017
VUES PAR LA THEORIE DE L’EVENEMENTIALITE
Pour vous aider à comprendre les « lignes de forces de l’Histoire » qui engendrent les luttes complexes de pouvoir politique en France.
6ème Chapitre
FRANCOIS FILLON ET LA DROITE D’HIER
La Droite d’hier écartelée
Il reste aujourd’hui trois « lignes de force politiques » définies par la Théorie de l’Evénementialité, et conjointement en lutte pour le pouvoir en France. Je les ai nommées : Droite nationaliste française, Gauche française, soumission à la civilisation américaine et donc aux USA. Une précédente, la « ligne de force République », vient de terminer son temps en 2007 avec le dernier gaulliste Chirac. Or cette République s’était accommodée de deux composantes qui se chamaillaient, la Droite républicaine libérale et la Gauche républicaine à majorité socialiste. A la mort de la « ligne République », cette Gauche a fini par éclater comme on l’a vu aux 3ème et 4ème chapitres de ces Présidentielles vues par notre Théorie. A cette même mort de la « ligne République », la Droite républicaine d’hier subit le même destin : elle est écartelée entre une Droite très libérale qui est tentée par la sirène mondialiste des pro-USA, et une Droite traditionnelle tentée par le Front National.
La récente primaire de la Droite
Cette Droite écartelée a été regroupée en le Parti Les Républicains qui est le nom générique et attrape-mouches donné par Sarkozy à un curieux amalgame. S’y sont retrouvés entre autres des sarkozistes, donc de la « ligne de force pro-USA », et ceux de la Droite républicaine d’hier, associant des traditionnels, des libéraux ou d’anciens chiraquiens et gaullistes de feue la « ligne de force République ».
Et François Fillon sut faire le choix des souhaits des composantes majeures et les plus radicales de ce parti de Droite, Les Républicains, et gagner cette primaire en éliminant Alain Juppé resté dans le passé chiraquien, ouvert et trop généraliste.
La complexité du cas Fillon
Je ne veux pas parler de ses avatars juridico-médiatiques inattendus -sauf par ceux qui lui envoyèrent ces « boules puantes »- et qui bien sûr vont détourner certains électeurs tombant dans ce piège, donc purs et naïfs.
Je veux parler de la position de François Fillon, cette fois devant tous les Français, par rapport à ces trois « lignes de force politiques » restant en lutte pour le pouvoir en France en 2017 : Droite nationaliste française, Gauche française, les pro-USA mondialistes.
Ni Gauche, ni nationaliste comme le FN, ni pro-USA, mais de Droite !
François Fillon ne se situe certes pas dans la « ligne de force » de la Gauche. A la primaire des Républicains, il a surtout séduit des électeurs de l’ex-Droite républicaine, puisque les « pro-USA » avaient voté pour Sarkozy éliminé. Néanmoins, maintenant devant tous les français, il faut classer Fillon entre ces deux « lignes de force » : pro-USA et Droite nationaliste. En effet il fut Premier ministre de Sarkozy, atlantiste, mondialiste et pro-européen ; il lui en reste le coté pro-européen. François Fillon s’est aussi annoncé chrétien au début de ces présidentielles 2017, ce qui le place dans la Droite traditionaliste. Cette orientation fut une des composantes historiques de « la ligne de force » Droite nationaliste du FN, qui attire aussi nombre d’électeurs de l’ex-Droite républicaine. Mais Fillon rejette officiellement le FN. Alors ?
Mais la Tradition chrétienne à laquelle se réfère Fillon ne serait-elle pas une résurgence de l’ancienne « ligne de force » de la Royauté, ou même de la « ligne de force » de l’Empire, ces deux Histoires subsistant dans l’inconscient collectif de nombre de Français. Or ces deux « lignes de force » ont terminé leurs temps !
A la croisée de plusieurs chemins de pouvoir : une Nouvelle Droite
Finalement 5 « lignes de force » pour le pouvoir concernent Fillon.
Le négatif : Si les lignes de forces issues du passé de l’Histoire comme « Royauté » et « Empire » réapparaissent trop, et si de même apparaît trop l’aspect ex-Droite républicaine d’hier de feue la ligne de force « République », Fillon ne pourra pas être Président.
Le positif : A cheval sur les deux « lignes de force » pro-USA et Droite nationaliste, il doit convaincre qu’il représente une nouvelle Droite française, nationaliste, mais modifiant l’Europe et restant atlantiste.
Mais les très bons petits candidats de Droite, Dupont-Aignan, Asselineau, Cheminade, peuvent lui prendre des points et faire de Fillon le « Jospin de la Droite » (référence à 2002).
Suite pour le premier tour
Le 12 avril 2017
Christian TURPIN
Auteur, Chercheur
Spécialiste en Géopolitique prospective
www.christianturpin.fr
