GEOPOLITIQUE & LOIS DE L’EVENEMENTIALITE
LA CHRONIQUE N° 1 DE CHRISTIAN TURPIN
LE BREXIT
Le 23 juin 2016, les Anglais ont opté pour la sortie de l’Europe.
Ceci est le premier domino chutant de l’échafaudage européen. Il débute le prochain éclatement de l’Europe actuelle. En effet, depuis plus de 20 ans, j’ai au travers de ma Théorie de l’Evénementialité, qui traite du destin des Nations, jugé l’Europe sans avenir politique et prévu cette échéance. Voici:
Dans « Le réveil national et les présidentielles 2012-2017 – Application de la Théorie de l’Evénementialité » ou dans « Le 5ème destin de la France en 2012 – 2017 – Christian TURPIN:
« Les réussites prévisionnelles de l’Evénementialité, outil de prospective politique.
Europe – Prévision hélas réussie de l’impossibilité d’une Europe politique. Prévision faite par moi-même depuis au moins 20 ans, réitérée lors de conférences, confirmée historiquement par le vote NON de la France à la Constitution Européenne en 2005. »
Quelques précisions
Les nouvelles « cartes de nations événementielles » furent distribuées en Europe après les conquêtes napoléoniennes et la diffusion des idées qui s’ensuivit ; et cela pendant une bonne partie du XIX° siècle. Cette redistribution fut l’analogue de ce qu’avait été celle du monde méditerranéen oriental après les conquêtes d’Alexandre le Grand, et la diffusion de l’hellénisme que cela avait engendré. Les nouvelles grandes nations ainsi hellénisées de l’Antiquité et naissantes avaient été : La macédoine, la Séleucie, l’Égypte, Pergame, etc. Les nations parallèles de notre époque sont : la France républicaine, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, etc. Or les dites nations de l’Antiquité, qui constituaient un ensemble culturel. Les pays hellénistiques, ne réussirent jamais à se mettre d’accord politiquement ; et Rome profita de cette incapacité du monde grec à se fédérer.
Le parallèle événementiel de ces Pays hellénistiques est l’Europe, qui par conséquent ne peut avoir d’avenir politique fédérateur. Certes les pays européens sont plus proches géographiquement les uns des autres que ne le furent les Pays hellénistiques séparés par les eaux des mers Égée et Méditerranée. Et cette proximité géographique est sûrement l’explication aux tentatives réussies de rapprochements économiques puis monétaires des pays européens. Mais le véritable aboutissement, le seul valable sur le plan de l’Histoire des nations et donc des l’Evénementialité, est l’unicité d’un pouvoir politique.
Et même si cela attriste ceux qui ont cru et croient encore à cette Europe unie politiquement, il faut dire que, selon les lois de l’Histoire, elle ne peut exister et n’existera jamais. D’ailleurs sa dilution par l’arrivée de nouvelles entités nationales, seulement motivées par l’essor économique, et portant l’Europe à 274 pays, prouve concrètement la fin de ce rêve.
Le futur de l’Europe
Aujourd’hui, après les crises financières mondiales de 2008 et 2011 et à cause de son absence d’existence et d’unité politique, l’Europe et sa monnaie sont en danger de mort. En effet, l’absence de pouvoir politique central, l’absence d’objectifs communs à ces 27 pays disparates et, malgré cela, des règles de décision à l’unanimité, empêchent toute initiative salvatrice. Se profile alors la conséquence logique prévue par l’Evénementialité et les Lois de l’Histoire : la dislocation de la tentative d’Europe actuelle lancée en 1950.
Il va donc falloir réinventer l’Europe, comme un ensemble associatif et coordonné de Nations européennes hors de toute structure politique et technocratique globale.
Le 24 Juin 2016
Christian TURPIN
Auteur, Chercheur
Spécialiste en Géopolitique prospective
